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Comment payer moins d'impôts quand on est un couple de cadres ?

Comment payer moins d'impôts quand on est un couple de cadres ?

46 % des foyers français ne payent pas d’impôts sur le revenu, et parmi eux, près de 10 % profitent même d’un crédit d’impôt, donc une somme due par le fisc. Pour l’autre petite moitié, soit les 44 % de contribuables redevables d’un impôt sur les revenus, ce sont de plus de 70 milliards d’euros qu’ils s’acquitteront collectivement, les plus gros revenus étant plus contributaires évidemment.

Parmi ces derniers, les cadres sont en première ligne. Un salaire aisé, sans pour autant prétendre à celui d’un dirigeant d’entreprise, cette classe médiane fait généralement les frais d’une fiscalité des plus abruptes. C’est pourquoi les couples de cadres souhaitent tendre vers des procédés de défiscalisation pour réduire leur impôt. Voici quelques pistes pour y parvenir.

Pourquoi s’intéresser à la défiscalisation d’un couple de cadres ?

Sur la déclaration des revenus 2021, le seuil de non-imposition pour un couple sans enfant était de 29 008 €, élevé à 34 121 € pour un couple avec un enfant, à 39 233 avec deux enfants, à 44 346 € avec trois enfants, et encore plus élevé pour chaque autre enfant. Grâce aux décotes appliquées pour ce que l’on appelle les « charges de famille » liées aux effets du quotient familial, nombre de couples avec enfants échappent à l’imposition.

Intéressons-nous maintenant au revenu médian d’un cadre aujourd’hui en France. Il est de 50 000 € bruts annuels. C’est une moyenne qui ne parlera pas à tous les cadres. En effet, plus de 80 % d’entre eux perçoivent un salaire compris entre 36 000 et 85 000 € bruts annuels, environ 10 % en gagnent plus de 85 000, et un peu plus de 5 % passent la barre des 100 000 € bruts annuels. Alors évidemment, les seuils de non imposition sont largement dépassés, et à la clé ? Une fiscalité au taux marginal d’imposition (TMI) d’au moins 30, voire 41 % pour leurs seuls revenus salariés.

Si des valeurs mobilières ou immobilières sont détenues, c’est assurément le taux à 45 % qui s’applique, et peut-être même qu’ils feront alors partie des près de 150 000 foyers redevables de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Avoir le sentiment de reverser largement 1/3 de ses revenus à l’Etat (rappelons que l’impôt est soumis à un barème progressif, donc l’ensemble des revenus n’est pas imposé à 45 %), peut assurément se traduire par une belle action pour le financement de l’intérêt collectif national, mais peut également laisser un goût amer très prononcé, agrémenté de quelques sueurs froides et nuits blanches à tergiverser.

Alors pourquoi envisager de défiscaliser ? Il semble que la réponse soit évidente. Heureusement, de nombreux dispositifs existent pour optimiser sa fiscalité, par le biais de l’épargne, du don, de l’investissement immobilier, de placements dans l’innovation ou dans le soutien au commerce de proximité.

Investir dans l’immobilier pour défiscaliser

Trois types d’investissement immobilier sont envisageables pour pouvoir prétendre à des réductions d’impôts. Il s’agira d’acquérir un logement à mettre en location, d’investir du capital dans une société de placement immobilier, ou encore d’investir du capital ou un bien dans une société civile. Voici une présentation de quelques-uns de ces dispositifs de défiscalisation.

Le dispositif Pinel

En investissant dans un logement d’habitation neuf ou en l’état futur d’achèvement, présentant une performance énergétique globale importante, l’investisseur peut profiter d’une réduction fiscale équivalente à 12 % du capital investi pour une mise en location d’au moins 6 ans, de 18 % pour au moins 9 ans de location, et de 21 % pour au moins 12 ans.L’avantage fiscal est réparti sur toute la durée de l’engagement, dans la limite d’un plafond global de 300 000 €, et 5 500 € par m² habitable.

Le dispositif Censi-Bouvard

En investissant dans un logement neuf en résidence meublée, loué par bail commercial à l’exploitant de la résidence, l’investisseur peut profiter d’une réduction fiscale équivalente à 11 % du prix de revient hors taxes du logement, étalée sur 9 années, dans la limite de 300 000 € HT du prix de revient. Dans certains cas, il pourra également récupérer la TVA sur son investissement.

Le dispositif Denormandie

En investissant dans un logement vide situé dans une zone à revitaliser ou à redynamiser, nécessitant de lourds travaux de rénovation équivalents à 25 % du coût global de l’opération d’investissement, l’investisseur pourra prétendre à une réduction d’impôt de 12 % du prix de revient net du bien pour un engagement de mise en location de 6 ans, puis 18 % pour 9 ans, et enfin 21 % pour 12 ans ou plus.

Le dispositif Malraux

En investissant dans un logement ancien reconnu « bâtiment remarquable » et inscrit dans une démarche de sauvegarde du patrimoine architectural français, nécessitant d’importants travaux de rénovation, l’investisseur pourra alors prétendre à une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 30 % du montant des travaux engagés à la condition de s’engager à le mettre en location durant au moins 9 ans.

Loueur Meublé Professionnel ou Non Professionnel (LMP ou LMNP)

Loueur meublé est un statut fort avantageux. L’investisseur doit respecter les conditions liées au statut, notamment en acquérant un logement meublé, qui devra respecter les normes légales de décence, être uniquement à usage d’habitation, et comporter les équipements obligatoires également définis par la loi.

Deux régimes fiscaux s’offrent à lui : celui du micro-BIC qui s’applique par défaut. Il prévoit un abattement forfaitaire de 50 % des recettes annuelles de l’activité de location meublée, poussé à 71 % pour les meublés de tourisme. Il pourra sinon opter pour le régime réel simplifié, sans abattement forfaitaire, qui lui permettra de déduire l’ensemble de ses charges et l’amortissement, atteignant généralement plus de 50 % des recettes annuelles. La fiscalité proposée aux investisseurs qui louent un meublé est extrêmement intéressante.

La Société Civile de Placement Immobilier (SCPI)

C’est un bon moyen d’augmenter son patrimoine en profitant de la défiscalisation associée, mais sans s’encombrer de la gestion quotidienne du bien. Il ne s’agit là que d’un placement dans la pierre, dont chaque investisseur en détient une quote-part à hauteur de son investissement. Deux formules plus poussées pour la défiscalisation : Les SCPI en nue-propriété qui ne confèrent aucun revenu foncier donc pas de calcul de l’Impôt sur la fortune immobilière et pas d’impact sur l’impôt sur le revenu, ou encore la SCPI de déficit foncier, qui investit dans du bâti à rénover, ce qui génère un déficit foncier à partager entre investisseurs à hauteur de leur quote-part, pour défiscaliser par la création de charge.

La Société Civile Immobilière (SCI)

Sa constitution permet l’acquisition d’un bien immobilier par au moins deux personnes, dont chacun devient associé. De fait, n’étant pas propriétaires directs du bien, ils en détiennent des parts sociales à hauteur de leur capacité d’investissement de capital. Cette démarche permet de se constituer un patrimoine tout en pouvant céder ses parts à ses enfants dès leur majorité, à son décès, ou autre. Il est possible de déduire de ses impôts toutes les charges afférentes à l’entretien et au maintien en bon état de l’habitation. Cela génère un déficit foncier qui permet alors une réduction d’impôt. Enfin, la SCI permet la donation sans qu’il ne s’applique de droits de mutation et sans avoir à verser de frais de donation dès lors que la valeur des parts cédées ne dépasse pas 100 000 € par enfant et par quinzaine d’années.

Investir dans des produits d’épargne rentables pour défiscaliser

Les produits d’épargne se comptent en nombre, et rares sont les Français qui ne disposent pas a minima d’un livret A. Toutefois, les livrets sont peu rémunérateurs, les taux d’intérêts étant largement descendus ces dernières années, pour avoisiner aujourd’hui 1 %. Bien qu’il semblerait que ce taux soit réévalué prochainement, d’autres produits d’épargne sont bien plus intéressants pour l’épargnant, qui peut alors devenir investisseur et espérer faire largement fructifier son capital, tout en profitant d’une défiscalisation des plus avantageuses, puisque chaque versement sera déductible du revenu annuel à déclarer.

L’assurance vie

L’assurance vie est probablement le produit d’épargne le plus intéressant de sa génération. Il est très souple et s’est adapté aux besoins des épargnants, qui souhaitent de plus en plus devenir des investisseurs. Sans obligation ni de montant ni de récurrence, les injections de capital sont placées dans des produits sécurisés ou plus risqués, proposant un potentiel de rentabilité plus ou moins important. Chaque versement est défiscalisable du revenu annuel. Ainsi, le bénéfice est double : les revenus à déclarer sont diminués d’autant que le total des versements réalisés dans l’année, donc la fiscalité est moins importante ; et le capital investi fructifie pour faire grossir une épargne accessible quand bon semble à son souscripteur.

Le Plan Epargne Retraite

Le PER est un produit récent qui est venu remplacer ses prédécesseurs qui ne satisfaisaient pas pleinement les épargnants, car ils ne répondaient pas à leurs attentes réelles. Le PER est désormais accessible à tous, sans conditions aucune, ni de ressources, ni de situation ou d’âge. Son fonctionnement se cale grossomodo sur celui de l’assurance vie, notamment sur la fructification possible du capital. En revanche, l’épargne placée y est bloquée jusqu’au départ en retraite, sauf cas exceptionnel d’accident de la vie. Tout aussi rémunérateur et présentant les mêmes avantages fiscaux, il reste un cran en dessous du produit phare d’assurance vie.

Soutenir de jeunes entreprises en devenir pour défiscaliser

Par le biais de Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI), ou de Fonds d’investissement de proximité (FIP), tous deux classés parmi les Fonds commun de placement à risques, l’investissement financier dans les Petites et Moyennes Entreprises (PME) innovantes et prometteuses sera salué par l’Etat par une réduction de 18 % du montant investi sur l’impôt sur le revenu, poussé à 25 % selon le pourcentage d’investissement dans l’innovation ou la proximité, imposé à au moins 70 %, mais pouvant allant jusqu’à 100 %. L’investisseur devient alors actionnaire de la société à hauteur de son investissement, et profite ainsi d’une part des bénéfices engendrés. C’est donc un investissement largement rentable, sur des secteurs en croissance ou largement prometteurs. Cependant, ce placement doit se penser sur la durée. Le capital investi est bloqué durant au moins 5 ans.

Réaliser des travaux à son domicile pour défiscaliser

Dans sa lutte contre les déperditions d’énergie pour une transition progressive réussie, l’Etat a mis en place une série d’aides pour les propriétaires souhaitant améliorer la performance énergétique de leur habitation principale, par le renouvellement de l’isolation thermique, par l’implantation de panneaux solaires ou de panneaux photovoltaïques, par le renouvellement d’une chaudière fioul, ou encore par l’installation d’une infrastructure de recharge pour véhicule électrique (IRVE). Ainsi, les couples de cadres peuvent prétendre aux prêts aidés suivants, accessibles sans conditions de ressources :

  • L’Eco-Prêt à Taux Zéro (Eco-PTZ) : Il peut être attribué aux propriétaires d’une construction datant d’avant 1990. Pourquoi cette condition ? Car il s’adresse aux propriétaires de vieux logements, dont la performance énergétique est souvent faible et à remettre aux normes. Il est accordé sans conditions de revenus. Son montant ne peut excéder 30000 € sans application de taux d’intérêts ;
  • Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) : Il peut financer des travaux sur une habitation neuve ou nécessitant des travaux de réhabilitation ;
  • Le prêt pass-travaux : Il est destiné aux propriétaires pour des travaux d’extension, rénovation ou embellissement de leur résidence principale dans le cadre du 1 % Logement ;

Egalement, un crédit d’impôt peut leur être accordé. Il correspond à 30 % des dépenses engagées, à condition de faire appel à un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Le crédit d’impôt pour la transition énergétique, couramment nommé CITE, est plafonné sur 5 ans à 2 400 € pour une personne seule, et à 4 800 € pour un couple soumis à une imposition commune. Il peut être majoré de 120 € par personne à charge. C’est un très bon moyen de défiscaliser compte tenu des sommes que représentent des travaux de réhabilitation ou remise aux normes. Evidemment, encore faut-il que la résidence principale nécessite des travaux.

Faire des dons

Pour inciter aux dons, en soutien au tissu associatif national, l’Etat en restitue une partie par la réduction de l’impôt sur le revenu, à hauteur de 66 % du montant versé, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Pour permettre la réduction d’impôt, l’association en question devra être reconnue d’utilité publique, poursuivre un but non lucratif, présenter une gestion désintéressée, avoir un objet social, et ne pas exister au seul profit d’un groupe restreint d’individus.

Dans le cas d’un don aux associations d’aide aux plus démunis, comme par exemple les Restos du cœur, la Croix-Rouge, ou encore Emmaüs, la défiscalisation sera portée à 75 % des sommes versées. Toutefois, le montant des dons pris en compte chaque année sera plafonné à 553 €. Si les dons effectués dépassent ce plafond annuel, le montant déductible peut être reporté sur 5 ans, ce qui reste une initiative largement valorisée.

 
 

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